Festival Ibéroaméricain du Festival de Théâtre de Bogota : "Seuls"

"Seuls", une pièce de Wajdi Mouawad présentée dans le cadre du Festival Ibéroaméricain du Festival de Théâtre de Bogota.

Cela pourrait être n’importe qui et c’est bien là la douleur. Et c’est comme pour tout le monde qui, se réveillant chaque matin et se regardant dans la glace, pense : « cela pourrait être n’importe qui ».

Et la vie, comme une énigme, joyeuse ou malheureuse, la vie engluée dans un temps trop linéaire, comme une flèche. Cela pourrait être n’importe qui. Il pourrait s’appeler n’importe comment. C’est ce que, du moins, il pense, lorsqu’on lui demande son prénom : « comment vous appelez-vous ? » - Je m’appelle Harwan, mais ça n’a aucune importance et je pourrais bien m’appeler n’importe comment, comme n’importe qui. C’est comme ça. Ce n’est rien.

Harwan, un étudiant montréalais d’une trentaine d’année, sur le point de soutenir sa thèse, se retrouve, suite à une série d’événements profondément banals, enfermé une nuit durant dans une des salles du Musée de l’Hermitage à Saint-Pétersbourg. La nuit sera longue. Elle durera plus de deux mille ans et l’entraînera, sans qu’il ne puisse s’en douter une seconde, au chevet de sa langue maternelle oubliée il y a longtemps sous les couches profondes de tout ce qu’il y a de multiple en lui. Je m’appelle Harwan. »

Il s’appelle Harwan. Libanais, il a fui avec sa famille son pays sous les bombes pour vivre en exil au Québec. Aujourd’hui, il travaille à une énorme thèse sur le metteur en scène Robert Lepage, monstre sacré du théâtre québécois. Seul dans son appartement, il rumine son passé et tente de faire le point. Il ne sait plus très bien où il en est. Déjà, il n’arrive pas à terminer sa thèse. Des questions se pressent en foule dans sa tête. Quelle mémoire lui reste-t-il de ses années libanaises, par exemple ? L’exil ne tendrait-il pas à effacer le souvenir de cette époque lointaine ?

Impossible de ne pas assimiler le héros de ce spectacle à son auteur, Wajdi Mouawad, avec lequel il partage beaucoup de points communs. Après le succès de la trilogie du Sang des promesses, Wajdi Mouawad a choisi de se mettre lui-même en scène seul sur le plateau dans ce spectacle polyphonique où interviennent des projections vidéo.

Une création qui touche à la performance quand ce ne sont plus les mots mais le corps qui prend en charge la représentation.

Du 10 au 14 avril 2014 :

  • Séance le jeudi 10 avril à 20h30
  • Séance le vendredi 11 avril à 20h30
  • Séance le samedi 12 avril à 18h00
  • Séance le dimanche 13 avril à 18h00
  • Séance le lundi 14 avril à 20h30
  • Adresse ; Auditorio León de Greiff
    Carrera 30 # 45-03
  • Téléphone : 316 5000 ext : 17605

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publié le 17/04/2014

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