La France en Colombie Ambassade de France à Bogota
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Scène de rue à Bogota

Bogotá, le 28 avril (Ministère Colombien des Relations extérieures).

Le Ministre français des Affaires étrangères et européennes, M. Bernard Kouchner, sortait d’une réunion avec le Ministre des Relations extérieures, M. Fernando Araújo Perdomo. Il se rendait à son entretien avec le Président, Álvaro Uribe Vélez. La nuit, froide, tombait sur le Palais San Carlos, siège de la chancellerie colombienne.

M. Kouchner n’a pas souhaité monter dans l’élégante voiture qui l’attendait devant le Ministère des Relations extérieures, en face du théâtre Colon : alors que le crépuscule tombait sur la capitale, il a décidé de se diriger à pied vers le siège du gouvernement, la maison de Nariño, éloignée de quelques centaines de mètres. Photographes et cameramans enregistraient ses moindres gestes.

Soudain, un vieil homme, connu pour fréquenter les rues du centre-ville, a fait son apparition. La barbe blanche, appuyé sur sa canne et enveloppé dans un manteau bleu foncé qui avait connu des jours meilleurs, il a commencé à discuter en français avec le Ministre. La plupart des personnes présentes n’ont rien compris à cet échange, alors que le vieil homme au chapeau noir et le membre du gouvernement cheminaient en devisant et en éclatant de rire.

Les deux hommes se sont séparés quelques rues plus loin. Le vieil Álvaro Rodríguez Echeverry est resté dans la rue. Entre deux poèmes à la gloire de Bogota, il a expliqué à qui voulait l’entendre qu’il avait vécu pendant trente ans en France et en Belgique, où il avait été peintre en bâtiment et aide-cuisinier avant de travailler dans des hôtels parisiens. A 70 ans, sa vue basse ne lui permettait plus de lire Tolstoï, Dostoïevski, Balzac ou Baudelaire, ses auteurs favoris (...).

La rue se vidait doucement. Au loin, M. Kouchner empruntait la septième avenue, puis tournait vers le sud et le palais présidentiel, tout en conversant avec le Chancellier Araújo. Sa présence inattendue a éveillé la curiosité des quelques étudiants présents dans cette rue tranquille et presque déserte. Certains d’entre eux allaient demander aux deux ministres de se laisser prendre en photo en leur compagnie. Mais le rendez-vous à la Maison de Nariño ne pouvait pas attendre. MM. Araújo et Kouchner sont entrés dans le palais présidentiel par la porte principale et ont disparu de leur champ de vision.

Dans son porte-document jaune, M. Kouchner emportait les dossiers à évoquer avec le Président Uribe, mais aussi deux poèmes manuscrits que le vieux poète Rodriguez avait réussi à lui glisser quelques minutes plus tôt. Deux mondes s’étaient croisés un instant pendant ce court périple à pied dans les rues de la ville.

(Librement traduit par l’Ambassade de France à Bogota)

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