Remise de l’Ordre National du Mérite à Mme Angelica Uribe Gaviria

Chère Angelica Uribe,
Cher Président de l’Alliance française de Bogota,
Madame la Déléguée générale de la Fondation Alliance française en Colombie,
Mesdames et Messieurs les membres du Conseil d’administration,
Chers Professeurs,
Chers Amis,

Bon sang ne saurait mentir, en digne héritière de son père lui-même très francophile, chevalier de l’Ordre du Mérite et de la Légion d’Honneur, Angelica Uribe a déjà assuré la relève de la lignée avec sa fille, Elena, actuellement étudiante à Sciences-Po Paris.
Angelica est une femme de caractère, de convictions et de culture.
Lorsque son père l’inscrit au lycée français de Bogotá, elle a sept ans, elle ne parle alors pas un mot de français… et pourtant ce sont les mathématiques modernes qui vont lui poser le plus de problèmes : elle en garde à ce jour encore un souvenir ému !

Femme de caractère, elle débute sa carrière dans le service public, en tant qu’avocate puis se lance rapidement dans les affaires. Son parcours est libre, à son image. Angélica Uribe, actuellement membre du Conseil d’administration de l´Alliance française de Bogotá, est avocate spécialiste en droit des affaires, droit financier et bancaire, diplômée de la prestigieuse Université des Andes et de l´Université de Georgetown.
Son parcours professionnel est dense. Entre 1994 et 1999, on lui confie, comme conseillère et directrice juridique du ministère de l´Intérieur et du Crédit colombien, la direction générale du Crédit et du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). En 2001 et 2002, elle devient vice-présidente juridique de « Colfondos », fonds de pension du Citibank, puis, à partir de 2002 et pendant 5 ans, secrétaire générale de « Fogafin », entité financière publique dévolue à la préservation de l´équilibre et de l´équité économique du pays.
Sa dextérité intellectuelle s’applique également au domaine immobilier : en 2007 elle rejoint la Fondation Clinton et devient la directrice de l´entreprise Fairmont. Membre du Conseil de direction de la Superintendance financière de Colombie, Angelica Uribe est aussi un membre éminent du Conseil d’administration du Lycée San Patricio à Bogota.

Femme de convictions, son engagement au service de l’Alliance française de Bogotá, qu’elle a vaillamment présidée et modernisée, a peut-être trouvé sa source dans les années passées à Paris, où elle fit son droit. Elle considère en effet que les fondamentaux de son parcours sont français, ancrés dans un idéal de liberté, de tolérance et d’ouverture à autrui.
Et penser différemment, toujours ! S’engager pour l’Alliance française, qu’elle continue aujourd’hui de servir au sein de son Conseil d’administration, c’est œuvrer pour que ce désir d’accès à la culture française devienne réalité pour de nombreux colombiens et se transforme en opportunité. C’est d’ailleurs le discours qu’elle délivre aux jeunes filles qui fréquentent l’école créée par sa mère, école dont elle assure aujourd’hui le suivi : « Allez vers les autres, découvrez le monde, parlez d’autres langues ».

Chère Angelica, dans un entretien accordé à la Fondation Alliance française, en février 2016, dans le cadre de la Journée internationale des Femmes, vous déclariez : « Dans mon pays, les femmes sont plus déterminées que les hommes ». Les femmes qui vous inspirent, celles que vous admirez sont toutes ces colombiennes qui, au sein des communautés ou des associations, luttent contre la pauvreté, pour la santé et pour l’éducation. Dans cet entretien, vous souligniez que la condition féminine s’améliorait toutefois dans le monde et vous proposiez cette conclusion : « En Colombie, après plus de 50 ans de conflit armé, on voit bien que les plus affectées par la violence ce sont les femmes. Ce seront aussi les femmes qui construiront la Paix”.

Angelica, vous, femme de caractère, femme de convictions, vous êtes aussi une femme de culture, transportée par le débat d’idées, séduite par les penseurs, écrivains et philosophes français - de Derrida et Foucault, à Le Clézio -. Et puis pour vous, Angelica, ici en Colombie où le débat d’idées prend tout son sens et dont l’histoire récente a été marquée par la violence et le silence, votre conviction est qu’ « il n’y a pas de salut sans dialogue ».
Au croisement de trois cultures : la colombienne, la nord-américaine et la française, Angelica, vous êtes est une femme admirable, consciente de cette richesse culturelle que vous incarnez avec autant d’élégance que de discrétion. Votre action, votre engagement témoignent d’une volonté ferme et constante de partage, d’échanges et d’ouverture aux autres.

Aussi chère Angelica, « Au nom du Président de la République et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous faisons chevalier de l’Ordre national du Mérite. »

publié le 06/10/2016

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