Présentation et historique

Les relations entre la France et la Colombie sont anciennes et diverses, tout autant culturelles, économiques que politiques et en réalité, d’une grande richesse.

Carthagène : porte de l’El Dorado

Juridiquement les relations bilatérales entre la France et la Colombie débutent le 30 mai 1892 avec la signature d’une convention « relative à l’établissement des nationaux, au commerce et à la navigation » et se poursuivent aujourd’hui avec plus de 27 accords, dont le dernier, en date, de 2004 porte sur le renouvellement d’accords aériens.

Carthagène / © J.P LeclercBien avant cela, les relations entre la France et le « sol colombien », plus que la Colombie elle-même, débutèrent sur un ton différent : celui de la piraterie. En effet, au 16ème siècle les richesses de Carthagène attiraient les puissances européennes désireuses d’affaiblir l’Espagne par l’attaque de ses places fortes coloniales. Les pirates français n’ont pas fait exception à la règle. C’est ainsi qu’en 1543, un Français du nom de Robert Boal lança une attaque sur Carthagène. Le gouverneur, surpris à la tombée de la nuit en plein banquet, ne put organiser la défense et le pirate réussi à extorquer 310 kg d’or à la ville. C’était le début d’une longue liste d’assauts de pirates, notamment ceux de l’Anglais Francis Drake (en 1586), et des Français Martin Cote (en 1559), Jean Ducasse et Jean-Bernard Desjeans (en 1697).

Ce dernier, dit baron de Pointis, est envoyé de France en 1697 vers Carthagène, à la tête de 28 bateaux équipés de 500 canons et d’une armée de 4000 hommes. Le baron s’empare de la ville, et son butin fut évalué à 9 000 000 de pesos d’or, comprenant entre autre un sépulcre en argent massif de 250kg. Louis XIV restitua toutefois ce sépulcre et l’ère des pirates et corsaires s’acheva, laissant dans l’imaginaire français une Carthagène semblable à la porte de l’Eldorado.

Cette attirance pour Carthagène des Indes ne pouvant disparaître, les marins repartirent pacifiquement à son assaut quelques siècles plus tard, lors de la première édition de la Transat Jacques Vabre en 1993. Partant du Havre, cette course transatlantique à la voile se devait d’arriver à Carthagène. Chose qu’elle fit lors des trois éditions suivantes jusqu’en 1999.

Des relations politiques profondes

Au 18ème siècle, Simon Bolivar, fut élevé dans l’esprit de Jean-Jacques Rousseau. Par la suite, il poursuivit des études en Espagne puis en France, à partir de 1801. A Paris d’ailleurs, il assista à de nombreuses conférences et observa avec sagacité les événements politiques et militaires qui étaient en train de changer le monde. Napoléon impressionna beaucoup Bolivar qui admira son génie militaire, mais critiqua sa montée sur le trône impérial. Le Libérateur se souviendra de cet enseignement militaire lors des guerres d’indépendance.

La référence française influença la Colombie, à telle enseigne que jusqu’en 1934 on levait le drapeau français dans certaines écoles colombiennes en chantant la Marseillaise.

Deux chefs d’Etat français ont visité la Colombie. Charles de Gaulle en 1964, puis François Mitterrand le 13 octobre 1989.
Plus proches de nous, notons les visites en France du Président Alvaro Uribe en juillet 2002, et à Bogotá du Ministre des Affaires Etrangères M. Dominique de Villepin (novembre 2002), et du Ministre de l’Intérieur M. Nicolas Sarkozy (juillet 2003).

L’attention portée aux relations entre la France et la Colombie s’est accrue suite à l’enlèvement par les Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes (FARC) de la franco-colombienne et candidate à l’élection présidentielle, Ingrid Bétancourt en février 2003. Ce tragique événement a révélé au grand public français le conflit interne que connaît la Colombie et la difficile situation des quelques 1600 otages (selon les sources officielles) retenus par la guérilla.

La France et l’Union européenne développent ainsi une politique active de coopération avec la Colombie visant à soutenir l’Etat de droit, à défendre les droits de l’Homme et le droit international humanitaire ou encore à lutter contre les causes de la violence (dont le trafic de drogue) et à venir en aide aux victimes de la violence.

Un enrichissement mutuel

Les relations entre la France et la Colombie sont aussi très dynamiques dans les secteurs culturel, artistique et éducatif. On recense en Colombie 11 alliances françaises (16 000 étudiants) et 3 établissements d’enseignement français. 1600 Colombiens étudient actuellement dans nos universités.

Botero Medellin / © J.P LeclercLes Français, quant à eux, ne peuvent oublier par exemple la remarquable exposition du peintre et sculpteur Fernando Botero lorsque ses « obèses » aux traits inimitables sont venus se poser sur les Champs Elysées en 1992.

Ce grand artiste a d’ailleurs été décoré de la Légion d’Honneur, tout comme le prix Nobel de littérature Gabriel Garcia Marquez

Seuls, ces deux noms ne font pas justice à la représentation de ce pays en France, car nous découvrons la Colombie au travers de bien d’autres personnalités. Citons par exemple le cycliste Santiago Botero qui porte haut les couleurs de la Colombie lors du Tour de France, et fait découvrir de la même façon les paysages français aux colombiens, férus de cette épreuve sportive.

Les Français connaissent enfin la Colombie par son café exceptionnel dont elle est le 2ème exportateur mondial, ses fruits, mais aussi ses émeraudes, son histoire et son art précolombien ou encore, aspect moins connu, ses fleurs, dont elle est un des tout premiers exportateurs mondiaux.

Sur le plan économique la France est très présente en Colombie : de son industrie automobile, aéronautique, transports terrestres, hôtellerie, agroalimentaire, chimie, grande distribution, luxe, pour ne citer que ces exemples. (Consultez le site de la Mission Economique de Bogotá)

publié le 03/01/2008

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