Juliana Restrepo, Directrice du Musée d’Art Moderne de Medellín

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A l’occasion de l’exposition de Sophie Calle « Historias de Paredes », Madame Juliana Restrepo, Directrice du Musée d’Art Moderne de Medellín (MAMM), s’entretient avec FRESCO. Le MAMM accueille les œuvres de Sophie Calle jusqu’au 3 juin avant que celles-ci ne déménagent à Bogotá le 21 juin au Musée d’Art de la Banque de la République.

1) Comment est née l’idée de faire cette exposition sur Sophie Calle « Histoires de Murs » et de quelle manière est-elle arrivée en Colombie ?

Nous avons rencontré pour la première fois l’artiste il ya deux ans et depuis lors, nous n’avons pas cessé de travailler.
Lors d’une visite de l’Ambassadeur de France à Medellín, nous lui avons laissé entendre notre intérêt et c’est ainsi que le projet d’exposition est aussi devenu une initiative de l’Ambassade de France en Colombie. Plus tard, la Banque de la République s’est également faite partenaire. Sans cette dernière il aurait impossible de faire venir les œuvres en Colombie. Je pense que les expositions de cette envergure ne sont possibles que si plusieurs acteurs se réunissent. Nous avons travaillés ensemble, les trois entités citées ci-dessus, pendant presque un an avant de parvenir à ce que ce projet devienne enfin réalité.

2) Comment décririez-vous cette exposition ?

Il s’agit d’une exposition de grande qualité tant dans le travail artistique que le projet dans son ensemble. C’est sans aucun doute une exposition d’ampleur internationale, sensible, puissante et intelligente. Elle captive, ceux qui viennent la voir ont le sentiment d’être en face d’histoires qui les touchent et parfois même les rapprochent de leur propres expériences.

3) Il y avait près de 700 personnes à la conférence de Sophie Calle et plus de 1 300 lors de l’inauguration …Comment expliquer ce succès ? Sophie Calle est-elle un phénomène en Colombie ?

Plus qu’un phénomène Sophie Calle est d’une artiste de renommée internationale. Pour les étudiants, c’est l’une des références de l’art contemporain, ce qui rend sa présence en Colombie un événement absolument incontournable.

4) La Colombie connaissait déjà les œuvres de cette artiste ?

Les étudiants en art, oui. Pour les autres, ce fut grâce à la communication réalisée par les trois institutions qui a permis de captiver le public. Ce dernier se presse désormais au MAMM pour voir cette exposition avec une curiosité toute fraîche.

5) Existe-t-il en Colombie un courant artistique similaire ?

Il est très difficile de définir le genre artistique de Sophie Calle. Il ne s’agit pas de « courant artistique » à proprement parler mais d’une recherche dans la nature et les relations humaines. Cette même prospection se retrouve chez de nombreux artistes en Colombie, comme partout dans le monde... Chacun se rapproche à sa manière de la forme.

publié le 23/04/2012

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