Jeudi 1er novembre - Mapa Teatro
Carrera 7 N° 23 - 08 - 7:30 p.m.- Bogotá - (entrée limitée)

Pour clôturer la saison 2007 des CABARETS LITTERAIRES, l’Ambassade de France et la corporation Mapa Teatro ont le plaisir de vous inviter à cette soirée consacrée à l’Oeuvre d’Irène Némirovsky, "Le Bal", jeudi 1er novembre a 19h30, au Mapa Teatro. La lecture du texte sera dite par Julio Medina, Consuelo Luzardo, Ella Fuksbrauner et Esther Levy ; la musique sera confiée à Carlos Benavides -Champi-.
Tout le monde est invité !
Entrée libre dans la mesure des places disponibles. S’inscrire sur : info@mapateatro.org avant le 31 octobre.
Depuis quatre ans l’Ambassade de France organise avec la complicité artistique des fondateurs de Mapa Teatro, Rolf et Heidi Abderhalden, les Cabarets littéraires, dont l’objectif est de réunir les amants de la littérature au théâtre Mapa Teatro à Bogota, mais également dans d’autres villes de Colombie, afin de découvrir et de profiter d’auteurs français et colombiens.
Les Cabarets littéraires sont une formule originale qui combine littérature, musique et gastronomie dans un esprit bohème. Durant l’année 2007, le public a été invité à écouter des textes contemporains qui chantent, grâce au concours des musiciens invités qui créent à chaque fois une musique originale au service du texte, lu par de talentueux acteurs invités spécialement pour l’occasion.
Chaque rendez-vous révèle une création littéraire qui rend hommage à un auteur français et un auteur colombien. De la même façon, un acteur reconnu, colombien ou français, est invité pour chaque lecture.
Irène Némirovsky
Redécouverte assez récemment avec la publication posthume de Suite française, Irène Nemirovsky est un auteur atypique et talentueux, au regard cruel et incisif sur la nature humaine.
Née en 1903 à Kiev, Irène Nemirovsky est issue d’une famille de financiers, au premier rang desquels figure son père, riche banquier russe. Elle a ainsi connu une enfance aisée et relativement heureuse à saint Petersbourg. C’est en 1919, à la suite de la révolution russe, que sa famille s’exile en France. Ayant appris très tôt la langue française, Irène Nemirovsky ira alors étudier à la Sorbonne et y décrochera une licence en 1926.
La même année, elle publie son premier roman, Le Malentendu, et épouse un homme d’affaires juif, Michel Epstein. Entre les naissances de ses deux filles, Denise (née en 1929) et Elisabeth (en 1937), elle acquerra un incontestable succès littéraire après la publication de David Golder (1929), et côtoiera des grands noms de la littérature de l’époque, comme Kessel ou Cocteau. A travers ses œuvres, David Golder en tête, se pose souvent l’épineuse question de son rapport à la religion, à la culture et au peuple juif.
La deuxième guerre mondiale vient bouleverser ce parcours : bien que la France leur refuse la nationalité, les époux décident de rester en France. Dans l’absence de soutien de son éditeur et de ses amis, Irène Nemirovsky va se réfugier avec les siens dans le Morvan où elle rédige Suite française. Redécouvert tardivement par sa fille Denise, le manuscrit ne sera publié qu’en 2004 et se verra récompensé à titre posthume par le prix Renaudot.
En 1942, elle est arrêtée et envoyée à Auschwitz où elle succombera au typhus peu après sa déportation. Son mari sera déporté puis gazé. Leurs deux filles quant à elle seront placées sous tutelle jusqu’à leur majorité.
Entre crise familiale et critique sociale, le Bal (1930) nous fait partager un épisode charnière d’une famille de nouveaux riches. Non sans grincement...
Nouvellement enrichis après un coup de bourse miraculeux, les Kampf organisent un bal pour entrer dans le monde très fermé de la haute société. Antoinette, leur fille de 14 ans unique rêve qu’elle d’y assister mais sa mère aura tôt fait de lui enlever ses illusions : elle devra rester calfeutrée dans sa chambre. De rage, elle se débarrasse des invitations. Ce qu’il en suivra découlera de ce geste capricieux et irréfléchi.
A travers cette courte nouvelle qui est un de ses premiers écrits, Irène Némirowsky dépeint avec une rare justesse et par le biais d’une histoire à la fois cruelle et sensible, l’arrivisme et la société mondaine. Bizarrement, le grand monde n’est pas là puisque les invitations n’atteindront jamais leurs destinataires ; cependant, il brille par son absence, par l’idée qu’on se fait de lui dans cette famille de nouveaux riches qui cherche à s’asseoir une légitimité dont elle doute elle-même. Et donc, c’est dans la solitude et l’attente d’invités qui ne viendront pas qu’éclate le ressenti du mépris que les Kampf pensent qu’on leur adresse.
A cette réflexion sociale, s’ajoute la représentation d’un drame familial et le passage d’une jeune fille à l’âge adulte : en effet, ce soufflet social est à la fois donné et reçu par cette famille, par une génération à l’autre, et l’échec du bal fera céder toutes les apparences. Que reste-t-il après le bal ? Des prétentions sociales anéanties, des êtres déchirés face à la honte et la terrifiante pitié d’une fille pour sa mère.
