La France mobilisée dans le combat contre les grandes pandémies

La France est l’un des tout premiers contributeurs dans le combat contre les grandes pandémies.

Lutter contre le sida, la tuberculose, le... par francediplotv
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Le Fonds mondial, principal acteur dans la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme

Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, créé en 2002, est une institution financière internationale dont la mission est de collecter puis d’allouer des ressources supplémentaires pour la prévention et le traitement de ces trois pandémies. Ce partenariat entre gouvernements, société civile, secteur privé et communautés affectées s’inscrit dans une démarche novatrice de financements internationaux consacrés à la santé.

Depuis sa création, le Fonds mondial a fait du traitement et de la prévention effective de ces maladies une réalité pour des millions de personnes. Les taux de transmission du VIH sont en net recul dans presque toutes les régions du monde, y compris dans les pays les plus touchés. Les taux de mortalité diminuent avec l’amélioration de l’accès aux traitements. La mortalité due à la tuberculose a diminué de plus d’un tiers depuis les années 90. En maintenant les efforts, le paludisme pourrait être endigué en tant que problème de santé publique dans les pays où il est endémique.

En juin 2015, le Fonds mondial avait engagé depuis sa création près de 33 milliards de dollars dans 151 pays pour soutenir des programmes de prévention, de traitement et de soins à grande échelle contre les trois maladies. Grâce aux versements du Fonds, plus de 7,3 millions de personnes ont pu bénéficier de traitements antirétroviraux contre le sida, 12,3 millions de personnes ont pu être dépistées et soignées pour la tuberculose et 450 millions de moustiquaires imprégnées ont été distribuées afin de lutter contre le paludisme. Les financements du Fonds ont également permis de renforcer les systèmes de santé nationaux, par l’amélioration des infrastructures et la formation des prestataires de services et des professionnels de santé dans de nombreux pays.

La France a été l’un des principaux acteurs de la création du Fonds mondial. à la fin décembre 2014, elle a versé 3,92 milliards d’euros à l’institution, soit un peu moins de 13% de l’ensemble de ses ressources (la France est le deuxième contributeur après les États-Unis qui financent 33% du total).

La contribution de la France a augmenté au fur et à mesure du déploiement des financements du Fonds mondial. Elle s’élève depuis 2010 à 360 millions d’euros par an.

La contribution de la France au Fonds mondial s'élève depuis 2010 à 360 millions d'euros par an. - PNG

Ce soutien financier s’accompagne d’un soutien politique constant, en particulier dans la promotion et la préservation des valeurs fondatrices du Fonds mondial, tel que le rôle majeur donné aux communautés affectées par les pandémies, à la société civile et aux gouvernements récipiendaires dans la gouvernance du Fonds.

L’Initiative 5% appuie les pays dans la mise en œuvre des subventions du Fonds mondial

Depuis fin 2011, l’Initiative 5% appuie les pays, principalement francophones, dans la conception, la mise en œuvre et le suivi-évaluation des subventions allouées par le Fonds mondial. Dotée d’une enveloppe annuelle de 18 millions d’euros (qui fait partie de la contribution globale de la France au Fonds mondial), l’Initiative 5% est mise en œuvre par Expertise France sous la tutelle du ministère des Affaires étrangères et du Développement international et d’un comité de pilotage réunissant l’État, ses opérateurs et la société civile. Elle se décline selon deux modalités complémentaires :

  • le Canal 1 mobilise une expertise à court terme pour répondre aux besoins ponctuels des pays. Depuis le lancement de l’Initiative 5%, près de 200 missions d’expertise court terme ont été approuvées, dans 40 pays différents, pour plus de 15 990 jours d’expertise et un budget engagé de plus de 17 M€. Ces missions, d’une durée maximum d’un an, sont principalement dédiées à renforcer les capacités des Instances nationales de coordination (ICN/CCM), le système d’approvisionnement en produits médicaux, la gestion financière, programmatique et le suivi-évaluation des programmes. Elles accompagnement également la mise en œuvre du nouveau modèle de financement du Fonds mondial, par des appuis à la rédaction des plans stratégiques nationaux, aux dialogues pays ou encore à l’écriture des notes de concept. Depuis 2014, des études épidémiologiques sont également soutenues par l’Initiative 5% dans le cadre du Canal 1.
  • le Canal 2 finance des projets complémentaires des subventions du Fonds mondial. En 2012, 2013 et 2014 40 projets couvrant 27 pays ont été sélectionnés, pour un budget de plus de 29 M€. Ces projets couvrent des thématiques essentielles pour renforcer l’efficacité des subventions du Fonds mondial : la gouvernance, la gestion des approvisionnements et des stocks, la recherche opérationnelle et le renforcement des systèmes de santé.

Par son intervention bilatérale rapide et sa capacité à mobiliser l’expertise du Nord et du Sud, l’Initiative 5% contribue à renforcer la complémentarité et les synergies entre les activités en matière de lutte contre les pandémies soutenues par la France, de manière multilatérale et bilatérale.

L’action sur les mécanismes de marché : l’initiative UNITAID

UNITAID a été lancée en septembre 2006, à l’initiative de la France et du Brésil. Ses ressources proviennent en grande partie de contributions de solidarité sur les billets d’avion, même si certains pays ont choisi d’y allouer des contributions budgétaires.

UNITAID cherche à corriger les imperfections du marché (prix élevés, offres insuffisantes, situations de monopole, etc.) pour obtenir un impact sur la santé publique en facilitant ainsi l’accès aux médicaments. En pratique, les actions d’UNITAID ont pour effets de faire baisser les prix, d’accélérer le développement de nouveaux médicaments plus adaptés et d’améliorer la qualité et la disponibilité des produits de santé. Ses programmes ont contribué au développement de médicaments adaptés pour les enfants infectés par le VIH, à la baisse des prix des médicaments antirétroviraux de seconde ligne et des traitements contre la tuberculose multi résistante ou encore à la généralisation des traitements antipaludéens les plus adaptés. Le continent africain en bénéficie largement dans la mesure où 85% au moins de ses achats de produits de santé sont dirigés vers les pays à faible revenus.

UNITAID est à l’origine du mécanisme innovant de communauté de brevets pour les médicaments ("medicines patent pool"). Ce système, qui implique l’octroi volontaire par les laboratoires de licences sur leurs brevets, permet de faciliter l’arrivée rapide des médicaments antirétroviraux les plus récents sous forme générique au bénéfice des populations des pays en développement.

UNITAID est essentiellement financée par des contributions de solidarité sur les billets d'avion - PNG

La France, en tant que pays fondateur, s’est toujours engagée fortement auprès d’UNITAID. Ainsi, sur les 6 premières années d’existence (2006-2012), les contributions françaises, provenant des revenus de taxe sur les billets d’avion, ont représenté plus de 60% des ressources de l’organisation. Depuis 2011, la France contribue à hauteur de la moitié des ressources d’UNITAID (110 millions d’euros par an sur la période 2011-2013).

L’ambassadeur chargé de la lutte contre le sida et les maladies transmissibles

L’ambassadeur chargé de la lutte contre le sida et les maladies transmissibles contribue à la coordination des acteurs français et porte la voix de la France dans ce domaine.

L’ambassadeur est l’interlocuteur privilégié des organisations travaillant à la lutte contre le sida et les maladies transmissibles. Il est en contact régulier avec les autres pays donateurs, les pays récipiendaires, en particulier francophones, le secteur privé, les opérateurs nationaux et internationaux ainsi que les organisations non gouvernementales actives dans le plaidoyer et la lutte contre les trois pandémies.

L’ambassadeur représente la France au sein des principales organisations internationales impliquées dans cette lutte. Il est membre du conseil d’administration du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, de la facilité international d’achat de médicaments UNITAID, du Partenariat "Faire reculer le paludisme" (Roll back malaria). Il dirige également la délégation française au Conseil de coordination du programme commun des Nations unies pour le VIH/sida. Il participe enfin à un certain nombre de comités de ces organisations, contribuant ainsi à l’orientation politique et stratégique de celles-ci.

L’ambassadeur communique la vision politique de la France dans le domaine du VIH/sida et des maladies transmissibles et contribue à la traduire en propositions concrètes. Il s’assure que les intérêts des pays prioritaires pour l’aide au développement de la France sont préservés et que leurs besoins spécifiques sont pris en compte. S’appuyant sur un dialogue régulier avec les principaux ministères (ministère de la Santé et des Affaires sociales, ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, ministère des Affaires étrangères) et des opérateurs concernés (Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales, Instituts Pasteur, Expertise France). Dans son champ d’action, l’ambassadeur veille non seulement à l’inscription des droits humains, de l’égalité hommes-femmes et de la lutte contre toute discrimination dans l’ensemble des programmes soutenus mais aussi à la mise en place de solutions innovantes et la recherche accrue d’efficacité et d’impact.

Expertise France

Dans le cadre de la création de la nouvelle Agence française d’expertise technique internationale, née de la fusion de 6 opérateurs publics dont FEI (Initiative 5%) et le GIP Esther, les actions de ces deux entités sont réunies au sein du Département Santé d’Expertise France.

L’Initiative 5% appuie les pays dans la mise en œuvre des subventions du Fonds mondial.

La coopération hospitalière à travers l’Initiative ESTHER

Cette initiative créée en 2002, intervient dans 19 pays d’Afrique, d’Asie et des Caraïbes. ESTHER intervient à travers des partenariats hospitaliers pour améliorer la qualité des pratiques de soins et mobilise l’expertise française (55 hôpitaux français ont été jumelés) en matière de renforcement des systèmes de santé, plus spécifiquement dans le domaine du VIH, de la tuberculose, des co-infections et de l’hygiène hospitalière.

Les activités de l’Initiative ESTHER s’inscrivent dans le cadre d’une coopération bilatérale, en partenariat avec les autorités sanitaires des pays partenaires, et en lien avec les institutions internationales (OMS, ONUSIDA) dans un souci de complémentarité avec l’aide multilatérale (Fonds Mondial, UNITAID). ESTHER appuie les autorités nationales et accompagne les processus de décentralisation de la prise en charge des personnes atteintes, grâce notamment à ses programmes de formation (35 000 personnes formées dans les pays du Sud en 10 ans). La société civile est largement associée au processus de jumelage hospitalier.

Le succès de l’initiative française a permis la création de l’Alliance européenne ESTHER. Cette plateforme pour la coopération au développement en santé regroupe 12 États européens (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Norvège, Portugal, Suisse). Elle mobilise l’expertise européenne en santé pour le renforcement des capacités dans les pays à ressources limitées, essentiellement à travers des partenariats. Elle couvre un large spectre d’activités, qui s’inscrit dans l’agenda international en santé, en particulier la santé maternelle, néonatale et infantile, VIH/sida et les maladies associées et le renforcement des systèmes de santé (gestion et approvisionnement en médicaments, surveillance épidémiologique, ressources humaines en santé, etc.).

Depuis sa création, l’Alliance ESTHER a développé plus de 260 partenariats dans près de 40 pays partenaires en Afrique subsaharienne, en Asie, au Moyen-Orient, en Europe du Sud-est et en Amérique Latine. Son secrétariat européen est basé à Paris, au sein d’Expertise France.

Pour en savoir plus
Fonds mondial
UNITAID
Initiative 5%
Expertise France
Expertise France : santé

publié le 12/08/2015

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