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- La Colombie en bref : histoire, géographie, culture...

1. Un territoire étendu et varié

D’une superficie de 1 141 748 km² (deux fois celle de la France), la Colombie jouit d’une situation géographique privilégiée. Disposant de deux façades océaniques (au nord, l’océan Atlantique et à l’ouest, l’océan Pacifique) et d’un accès au fleuve Amazone, elle partage des frontières avec le Panama, le Venezuela, le Pérou, l’Equateur et le Brésil.
Le pays se divise en trois grands types de régions offrant une grande diversité de conditions climatiques et géologiques :

- à l’ouest, la région montagneuse andine, composée de trois cordillères, (26 % de la superficie), abrite près de 80 % de la population et constitue le centre de la vie économique et politique.
- à l’est, la région des vastes plaines (les "Llanos") et la forêt amazonienne, bien que totalisant 55 % de la superficie du pays, regroupent à peine 2 % de la population. L’élevage et la sylviculture constituent leurs activités de base.
- les régions formées par les littoraux du Pacifique et de l’Atlantique (19 % de la superficie) accueillent le reste de la population, avec un dynamisme ancien de la côte Caraïbe.

2. Un climat chaud prédominant, mais tempéré sur la plupart des régions peuplées

La Colombie est située dans la zone tropicale ; la saison des pluies s’étend d’avril à novembre ; la saison sèche de décembre à mars. Il existe, toutefois, d’importantes différences climatiques entre les régions. Les températures moyennes sont de :
- plus de 24°C : régions à moins de 1000 mètres (83 % du territoire)
- 17 à 24°C : régions entre 1000 et 2000 mètres (8% du territoire)
- 12 à 17°C : régions situées entre 2000 et 3000 mètres (6% du territoire)
- moins de 12°C : régions au dessus de 3 000 mètres (3% du territoire)

En absence de variations saisonnières bien marquées, le voyageur retiendra que le climat de Bogota est celui de la Normandie à la fin du printemps, celui de Medellin et de Cali de la côte d’Azur au début de l’été, tandis que la côte caraïbe offre toute l’année des températures tropicales.

3. Une population nombreuse et dynamique

La population colombienne se caractérise par un métissage marqué. Le pays a été colonisé par des vagues successives d’immigrés européens, principalement des Espagnols (Conquête), et par des Africains, anciens esclaves. Ce métissage d’Espagnols, d’esclaves noirs et d’indiens nourrit une diversité raciale contribuant à la richesse humaine et culturelle du pays. La Colombie est le 3ème pays le plus peuplé d’Amérique latine après le Brésil et le Mexique.
La population colombienne s’élevait à 42 millions d’habitants lors du recensement de décembre 2005. 75 % des habitants vivent en ville. Près de 40% de la population actuelle a moins de 18 ans. La croissance démographique annuelle est de 1,5%.

Population globale (millions) 42
Densité (hab. au km²) 37
Distribution urbaine (%)
- Urbaine 75
- Rurale 25
Croissance démographique (%) 1,5
Espérance de vie 73 ans
Mortalité infantile 22,7‰
Taux d’alphabétisme 91,8%
Taux de fécondité 2,6%

4. Capitale

Bogota, se trouve au centre de la cordillère orientale des Andes, à égale distance de l’Atlantique et de la frontière avec l’Equateur. Située à 2600m d’altitude, c’est la troisième plus haute capitale du monde après La Paz (Bolivie) et Quito (Equateur). Centre majeur des décisions économiques et politiques du pays, l’agglomération de Bogota compte entre 7 et 8 millions d’habitants.

5. Principales villes par ordre d’importance

Cali 2 316 655 hab.
Medellin 1 955 753
Barranquilla 1 386 895
Carthagène 1.030.149
Cúcuta 585.543
Source : DANE

La population colombienne est aujourd’hui principalement urbaine et concentrée dans les trois principales villes du pays à savoir Bogota, Cali et Medellin. La violence ayant affecté les campagnes au cours de ces dernières années a entraîné la migration d’un grand nombre de paysans vers les grands pôles urbains. Pour les années à venir, ce phénomène devrait s’inverser comme conséquence des efforts entrepris par le gouvernement Uribe pour le rétablissement de la paix, notamment dans les zones rurales.

6. Une histoire marquée par des affrontements successifs

Les grandes dates de l’histoire de la Colombienne sont depuis de nombreuses années marquées par la violence.
- 1499 : découverte de la Colombie par Alonso de Ojeda
- 1538 : fondation de Bogota
- 1794 : traduction de la déclaration des Droits de l’homme
- 17/12/1818 : Simon Bolivar proclame la Grande Colombie (Equateur, Venezuela et Nouvelle Grenade), vite abandonnée.
- 1863 : Institution d’un système fédéral. Indépendance des neuf états constituant la Colombie. Prélude à d’interminables guerres civiles locales.
- 1886 : Nouvelle constitution sous la présidence de Rafael Núñez.
- 1899/1902 : « Guerre des mille jours », fruit de la rivalité entre les libéraux et les conservateurs ayant causé la mort de cent mille personnes, soit 3,5% de la population de l’époque.
- 1903 : Indépendance du département colombien de Panama
- 1948/04/09 : Assassinat du leader libéral Jorge Eliécer Gaitán, politicien très populaire, candidat à la présidence qui fait réapparaître la violence entre libéraux et conservateurs avec une force inouïe.
- 1953-1957 : Dictature du Général Gustavo Rojas Pinilla, inspirée à l’origine par la classe politique traditionnelle.
- 1960 : Apparition des premiers groupes de guérilla, prédécesseurs de ceux qui sont encore actifs aujourd’hui
- 1960 : Proclamation de la fin de la « Violence » Les deux partis, conservateurs et libéraux, choisissent de faire la paix et de créer un système d’alternance au pouvoir, après avoir délogé le général Gustavo Rojas Pinilla.
- 1991 : Proclamation de la nouvelle constitution et annonce du processus d’ouverture économique au marché mondial.
- 1993 : Mort de Pablo Escobar marquant la fin des grands cartels de la drogue.
- 2002 : Rupture des négociations de paix avec la Guérilla (FARC) et prise de pouvoir du Président Uribe, élu sur un programme de restauration de l’autorité de l’Etat et d’intensification des efforts militaires pour amener les mouvements armés illégaux à négocier.
- 2003 : Ouverture de négociations avec les autodéfenses unies de Colombie pour parvenir à la démobilisation de ce groupe paramilitaire.
- 2006 : Réélection du Président Uribe, après une réforme constitutionnelle.
- 2010 : Election du Président Juan Manuel Santos.

7. Une culture qui émerge du provincialisme

L’histoire de la Colombie est marquée par un isolement multi-séculaire et le développement de centres économiques et culturels autonomes.
C’est le résultat, après l’apport espagnol et des esclaves noirs antérieur à la libération, d’un repli sur soi de chaque zone, accentué par les difficultés de communication entre chacune d’entre elles et avec l’extérieur du pays (la côte caraïbe faisant exception, mais ayant connu sa période de développement maximal avant la deuxième guerre mondiale).
Les élites en contact avec l’extérieur ont été encore plus réduites que dans le reste de l’Amérique latine, ce mouvement étant paradoxalement encouragé par la qualité et l’ancienneté du système universitaire colombien. Elles n’ont pas, en tous les cas atteint la masse critique pour faire évoluer significativement les mentalités.
Certes, l’ouverture a été décrétée et mise en œuvre à partir des années 1980, mais elle reste encore superficielle, malgré l’attirance des USA, où ont émigré de nombreux colombiens.
De plus, chaque ville conserve ses coutumes, ses traditions, voire sa manière de travailler et d’envisager les affaires ; et souvent, celle-ci est encore assez déconnectée des modes de pensée et des courants d’opinion internationaux qui sont au total mal compris.

8. Division administrative du pays

Le pays est divisé en 32 départements et 1098 communes. A la tête de chaque département et commune se trouvent respectivement un gouverneur et un maire exerçant ses fonctions sous le contrôle des assemblées départementales et municipales élues comme eux au suffrage universel. A noter que la majorité des conseils municipaux n’est pas forcément de la même couleur politique que le maire élu. Au total, les institutions organisent un « check and balance » des pouvoirs remarquable dans les textes.

9. Une situation de violence en lente résorption

La violence en Colombie atteint des niveaux parmi les plus élevés du monde.
La pauvreté et les inégalités en expliquent une bonne part, avec l’aggravation d’un territoire très étendu (2 fois la France) et morcelé, et d’un Etat traditionnellement faible et absent de zones étendues, concourrant à une impunité relative qui est un terreau de cette violence. Mais c’est le phénomène conjugué du narco-trafic et de la guerilla qui contribue soit directement, soit indirectement (en particulier par la corruption) au caractère exceptionnel du phénomène, tout en déterminant les formes particulières de ses manifestations.
Les forces de l’ordre, toujours insuffisantes malgré les efforts de ces dernières années, sont en effet globalement capables de protéger les grandes villes et les principales infrastructures de production et de distribution contre les mouvements armés, mais ne maîtrisent encore que peu les campagnes.
Par contre, leur présence dans les grandes villes, jointe à celle d’effectifs importants de vigiles ou autres polices privées, aboutit paradoxalement à ce que la délinquance de droit commun soit finalement moins active dans ces agglomérations que dans beaucoup d’autres en Amérique latine.
Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement Uribe a affiché comme priorité le rétablissement de la sécurité dans le pays, avec des résultats qui sont dès à présent encourageants, compte tenu de la réduction de 50% du nombre d’enlèvements au cours de l’année 2003 et de sécurisation de certains axes routiers ayant eu pour conséquence une reprise significative de l’activité touristique. Si ces dernières années ont été marquées par une amélioration générale de la sécurité, cette évolution est encore plus significative si l’on analyse les chiffres des grandes villes, où l’effort a été plus facilement réalisé que dans les campagnes reculées. Ainsi, le taux de morts violentes à Bogota n’est « plus » que de 19 pour 100 000 habitants début 2004, soit un niveau inférieur par exemple à Mexico, Rio, Sao Paulo...ou Washington.

Ces résultats sont à la fois le fruit d’une mise en œuvre plus déterminée des forces de sécurité et de l’augmentation de leurs moyens, qui n’est pas encore complètement achevée. . Finalement, l’amélioration des conditions de sécurités a également pu être appréciée grâce à la diminution du nombre total d’attaques contre les infrastructures (ponts, tours électriques et de Telecom, oléoducs...).

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