FORUM DE BIARRITZ
29 SEPTEMBRE 2005
DISCOURS DE MME NICOLE GUEDJ
Mesdames, Messieurs,
Je suis très heureuse d’être aujourd’hui parmi vous en représentant le Président de la République Jacques Chirac.
Monsieur le Président Uribe, je suis particulièrement heureuse de notre rencontre de ce matin. Je vous remercie de m’avoir invité dans votre palais. Nous avons échangé des mots de franchise, des mots d’amitié. Je crois que ces jours - ci c’était nécessaire. Je crois que nous pouvons confirmer que nous parlons le même langage, que nous avons la même volonté de dialogue et de paix, et vraiment je m’en réjouis.
C’est un plaisir particulier que de vous apporter le témoignage de l’intérêt que le Gouvernement français porte au dialogue de la France et de l’Europe avec l’Amérique Latine. Il est de tradition de rappeler que les liens qui nous réunissent aujourd’hui dans cette belle ville de Bogota résultent d’une histoire commune, d’une grande proximité culturelle, d’une dynamique économique et d’une vision amplement partagée de la société internationale.
L’histoire nous conduirait à citer les noms glorieux des héros d’Amérique Latine qui se sont inspirés des idées françaises pour conduire leur lutte pour l’indépendance : Bolivar, San Martin, qui mourut en France, Francisco de Miranda qui commanda des armées révolutionnaires françaises, Sucre, Santander, sont quelques noms qui me viennent immédiatement à l’esprit. La culture nous ferait mentionner tout le travail de nos réseaux d’enseignement, de nos alliances françaises (à Mexico, au Brésil, à Lima, et ici même pour ne citer que quelques exemples), et nos échanges artistiques ou universitaires. L’économie additionnerait les investissements français dont on peut constater, en Colombie, la croissance, malgré quelques reculs en d’autres lieux qu’il nous faudra corriger. Le choix que vous avez fait de vous rassembler en Colombie est le signe de notre solidarité avec ce pays. Il marque notre commune volonté de l’appuyer dans ses efforts pour retrouver le chemin de la réconciliation et de la paix pour tous ses citoyens. Cette solidarité avec la Colombie explique toute l’émotion suscitée dans l’opinion publique française et européenne par le problème des otages qui revêt dans ce pays une dimension effroyable malgré les efforts des autorités pour améliorer la sécurité. Le cas de Mme Ingrid Betancourt est devenu le symbole tragique de la douleur de toutes les familles de séquestrés. Une autre Française, Aïda DUVALTIER est également otage d’une guérilla colombienne.
Pour ce qui concerne la France, elle a maintes fois rappelée sa disponibilité par la voix de ses plus hautes autorités. De leur côté les autorités colombiennes lui ont régulièrement manifesté leur accord.
Nous agissons donc sur cette base -qui demeure une évidente nécessité si nous voulons réellement progresser- avec le souci que notre démarche vienne conforter les efforts des autorités colombiennes pour trouver le chemin de la paix et parce que la France entière se mobilise pour chacun de ses otages, en appui à son gouvernement, comme en témoignent les 100.000 signatures déposées, avant hier, au Ministère des affaires étrangères, à Paris. Au-delà du sort d’Ingrid Betancourt, colombienne et française, nous voulons une solution pour tous les otages. Nous souhaitons continuer à agir en concertation avec le gouvernement colombien qui, à plusieurs reprises, s’est exprimé en faveur de l’accord humanitaire. Pour sa part, le Président Jacques Chirac a indiqué au Président URIBE, en février dernier, la volonté de la France de soutenir ses efforts en cours en faveur d’un tel accord.
Aujourd’hui, nous devons tous nous mobiliser pour faire prévaloir le dialogue. Il est urgent d’agir quand on sait que certains otages attendent depuis près de 8 ans leur libération. Soyez assurés que la France est aux côtés des autorités colombiennes pour faire aboutir l’accord humanitaire que réclament le cœur et la raison et démontrer ainsi que l’espoir n’est pas vain et que la sagesse peut l’emporter sur les divisions les plus profondes.
L’exemple nous est donné, en d’autres régions du monde, d’accords définis entre des adversaires, pour résoudre des problèmes humanitaires. Construisons sur ces précédents pour trouver une solution acceptable par tous qui ouvrira la voie au retour des otages, à la joie des familles et, au-delà, à la réconciliation entre tous les Colombiens.
C’est pourquoi, les plus hautes autorités françaises et tous les Français avec elles, appellent les Colombiens à mobiliser les qualités de cœur qui les caractérisent par delà leurs divergences, pour une cause humanitaire qui les grandira tous et dont la solution est attendue avec espoir en Amérique Latine comme en Europe et dans le reste du monde./.
