Coopération Universitaire et éducative


Coopération universitaire et éducative
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A consulter : Activités et événements de la coopération universitaire et scientifique 2014-2015

La coopération universitaire et scientifique est l’un des piliers de la relation bilatérale. A l’occasion de la visite officielle en France du Président Santos le 26 janvier 2015 à Paris, les deux Présidents ont marqué leur intérêt pour poursuivre son renforcement, en lien avec le secteur privé dans les domaines de la formation professionnelle et de l’innovation.

Si la tradition d’échanges d’étudiants et de professeurs est ancienne, l’accord de reconnaissance mutuelle des diplômes en 2010 (1er accord de ce type en Amérique latine) a permis d’impulser une nouvelle dynamique. Elle se traduit par une augmentation sensible des flux d’étudiants colombiens dans les établissements universitaires français. Avec 3500 étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur en France (525 en doctorat), la Colombie figure ainsi à la 2ème place parmi les pays latino-américains pour l’envoi d’étudiants en France. Ces échanges s’inscrivent dans le cadre de nombreux accords de mobilités et de doubles diplômes (130 accords en 2015 contre 23 en 2008) signés entre des universités colombiennes et françaises. Ils bénéficient du renouveau de l’enseignement du français en Colombie dont deux universités ont intégré le réseau de l’AUF (université des Andes et université nationale) depuis 2013. Dans le domaine scientifique, à la dynamique déjà ancienne et bien structurée qui existe dans le champ des sciences humaines et sociales, de l’agronomie, du droit et des sciences politiques, s’ajoute désormais un volet dédié à des coopérations en mathématiques, physique médicale, économie, et sciences de l’ingénieur. Enfin, un programme de coopération dédié à l’innovation (COOPOL-Colombie) est mis en place avec succès en 2015.

Parmi les 87 établissements universitaires de Colombie, l’université des Andes, la Javeriana, la Nationale, le Rosario, l’Externado à Bogota, celles de Caldas et du Quindio dans la zone caféière, l’université del Valle et l’ICESI à Cali, la UIS à Bucaramanga, l’EAFIT, l’université d’Antioquia et la Bolivariana à Medellin, l’Université del Norte à Baranquilla et l’université technologique Bolivar à Carthagène, sont les partenaires les plus actifs dans le champ de la coopération universitaire comme scientifique.

1.Dispositifs de bourses en faveur de la mobilité

Afin de s’adapter à l’évolution des mobilités, une réforme des dispositifs de bourse de mobilité a été engagée. Ces aides à la mobilité se déclinent désormais autour de 6 dispositifs et bénéficient au total à 200 boursiers :

  • Bourses CEF (Corporación para los Estudios en Francia). Elles bénéficient en 2014 à 32 étudiants inscrits en master pour une durée de 10 mois (800 euros/mois). Elles sont financées à part égale par Colfuturo, le poste et l’établissement d’origine membre de la CEF.
  • Bourses de mobilité en doctorat : 14 nouveaux doctorats en alternance (4 mois dans un laboratoire français pendant une période de 3 ans) sont financés chaque année. 45 boursiers en doctorat bénéficient actuellement de ce programme. Le Ministère de l’Education Nationale, et Colfuturo participent à la même hauteur que le poste au financement de la bourse.
  • Bourses jeunes ingénieurs : à l’articulation entre le volet formation et le volet recherche, il convient de souligner le lancement d’un programme de formation en France pour 20 élèves ingénieurs colombiens par an en collaboration avec la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (CDEFI) et le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, pour la partie française, et le Ministère de l’Education Nationale et Colciencias, pour la partie colombienne. Les élèves qui participent à ce programme sont titulaires d’un double diplôme d’ingénieur, français et colombien. Grâce au financement spécifique du Département du Magdalena, le programme bénéficiera à partir de la rentrée 2015 à 10 nouveaux jeunes ingénieurs. Les départements du Nariño et du Cauca ont manifesté leur intérêt pour ce dispositif, des négociations sont en cours pour étendre le dispositif à ces départements.
  • Bourses Semilleros-Colfuturo : elles sont proposées au lauréat des programmes Colfuturo à partir du Master. 161 étudiants colombiens bénéficient de cette aide à la mobilité vers la France, le poste prendra en charge la mise à niveau nécessaire en français pour un groupe de 20 étudiants.
  • Bourses de mobilité pour professeurs du supérieur  : ce programme cofinancé par ICETEX (organisme de financement à but pédagogique) et le poste permet le financement de 6 missions en France pour des professeurs et enseignants chercheurs dans le cadre de doubles diplômes.
  • Bourses filières francophones en médecine : elles sont attribuées (3 par an) à des étudiants en médecine issus des filières francophones des universités colombiennes.

2.La coopération scientifique

Dans le domaine scientifique, l’objectif de l’ambassade vise à promouvoir les domaines d’excellence de la recherche scientifique française. A la dynamique déjà ancienne et bien structurée qui existe dans le champ des sciences humaines et sociales, de l’agronomie, du droit et des sciences politiques, s’ajoute désormais un volet dédié à des coopérations en mathématiques, physique médicale, économie, et sciences de l’ingénieur. Au-delà de l’appui à l’organisation de manifestations scientifiques (plus de 20 par an), le poste met en œuvre, en lien avec COLCIENCIAS (équivalent du CNRS en Colombie), deux actions à vocation structurante dans le domaine de la recherche. Le programme Ecos-Nord, qui permet le financement de 26 programmes de recherche sur trois ans, et le nouveau programme de « mobilité pour de nouveaux réseaux scientifiques » qui a pour but de renouveler les programmes et les réseaux de recherche entre les institutions colombiennes et françaises.
Parallèlement, l’ambassade travaille à la consolidation de la présence de nos centres de recherche en Colombie : le CIRAD et l’IRD comptent environ 10 chercheurs résidents au CIAT à Cali. De nouveaux programmes viennent d’être lancés : les actions conjointes menées par le CIRAD, Corpoica et le CIAT portent, dans le champ de la recherche agronomique, sur la diversité génétique, la résistance aux maladies du cacao et du manioc, et l’amélioration du rendement des cultures pérennes et notamment du caoutchouc. L’IRD développe des travaux en Colombie, dans le cadre de son département Environnement et Ressources, sur la biogéochimie et l’écologie des milieux continentaux, et sur la biodiversité et l’adaptation aux changements environnementaux.

3.La coopération dans le domaine de l’innovation COOPOL Colombie

Les caractéristiques du marché colombien et la présence de structures de soutien à l’innovation d’envergure internationale comme « Ruta N » à Medellin, représentent un potentiel de développement pour nos PME et pôles de compétitivité qui peuvent, à partir des contacts noués avec les entreprises spin-off/start-up et PME innovantes colombiennes, trouver de nouveaux marchés et adapter leurs produits aux spécificités du marché sud-américain.

C’est l’objectif du programme bilatéral COOPOL Colombie dans le domaine de l’innovation. Il s’adresse à un tandem constitué d’une entreprise ou de son centre de R&D et d’un laboratoire scientifique d’un pôle de compétitivité et a pour objectif d’identifier des partenaires de coopérations colombiens dans le domaine de la recherche, du développement et de l’innovation à partir d’une mission exploratoire qui se déroule à Medellin au sein de l’écosystème « Ruta N », qui s’est engagé à apporter un aide d’un même montant pour permettre des mobilités en France. Ce programme permet aux bénéficiaires d’effectuer en Colombie des missions d’une durée de 10 jours maximum et de prospecter pour des technologies complémentaires ou des débouchés pour leurs innovations. Les projets retenus présentent un objectif thématique bien ciblé et un intérêt à la fois en termes de coopérations scientifiques et de potentiel commercial.

4.La coopération linguistique

L’enseignement du français en Colombie s’inscrit dans une stratégie globale articulant l’éducation scolaire et universitaire, renforçant ainsi notre politique d’attractivité et de mobilité. A ce titre, cette stratégie se fonde sur quatre actions complémentaires : l’approfondissement du programme de bilinguisme en français (initié en 2011), dont une deuxième phase doit entrer en action en 2014 ; le renforcement du français dans l’enseignement supérieur colombien ; la présence et le rayonnement du réseau des alliances françaises en Colombie (31.500 étudiants) ; l’enseignement bi-culturel en français de nos 3 lycées français (3.500 élèves).

  • Renforcement du français dans le programme colombien de bilinguisme
    En janvier 2009, cette Ambassade a lancé avec le ministère colombien de l’éducation nationale (MEN) un projet visant à réintroduire le français dans les écoles, collèges et lycées publics de Colombie. Depuis 1994, seul l’anglais était enseigné comme langue étrangère dans le système scolaire public, ce qui créait une rupture avec la dynamique de la coopération universitaire caractérisée par le développement de doubles diplômes entre les institutions d’enseignement supérieur des deux pays.
    Dans un premier temps, la stratégie arrêtée pour la période 2009-2013 consistait à former en français et en didactique des professeurs colombiens de lycées publics et à lancer des évaluations volontaires de l’enseignement dans les départements de français d’universités publiques.
  • Formation de professeurs de français de l’enseignement secondaire public
    Depuis 2009, 1137 cycles de formations ont été proposés à 600 professeurs de français des établissements publics scolaires qui suivent ou ont suivi une formation linguistique et pédagogique sur l’ensemble du territoire, à savoir sur les villes de Bogota, Medellin, Cali, Armenia, Pereira, Bucaramanga, Barranquilla, Carthagène, Santa Marta, Popayán, et les Départements du Quindío et de Cundinamarca. Au total, depuis 4 ans, ce programme a bénéficié, dans ces régions à plus 18 000 élèves des collèges et lycées publics. Les cours de français sont proposés aux élèves des écoles et collèges publics dans le cadre de l’extension de la durée de la journée scolaire. Cela correspondait à une demande de la Ministre colombienne de l’Education Nationale qui souhaitait que le français soit présent dans le domaine scolaire au-delà des seuls établissements d’enseignement privés.
  • Formation de professeurs universitaires et évaluation du français dans les universités
    A partir d’octobre 2011, l’Ambassade, le réseau des Alliances et le Ministère colombien ont lancé une deuxième phase consistant à former des professeurs universitaires de français et à conduire, de manière volontaire, l’évaluation des départements de langues universitaires. De plus, les futurs professeurs profitent du programme d’échange d’assistants de langues, mis en œuvre en partenariat avec le Centre International d’Etudes Pédagogiques (CIEP). Ce programme permet aux assistants de langues d’effectuer un séjour d’un an en France. La sélection des candidats est menée en étroite collaboration avec ICETEX (organisme public d’aide à la mobilité des étudiants colombiens). Chaque année, 60 futurs enseignants sont accueillis dans des collèges et lycées en France, la plupart ayant accompli leur stage pédagogique dans les établissements scolaires colombiens concernés par le projet de réintroduction du français.
  • Le français dans les universités et l’enseignement supérieur colombien
    Le renforcement de l’enseignement du français dans les universités publiques et privées colombiennes passe par plusieurs actions. Tout d’abord, le programme pluriannuel d’évaluation des départements de français des universités publiques, déjà évoqué et fortement soutenu par le MEN colombien, débouche sur des plans de modernisation et d’amélioration de la qualité du français dans les universités concernés. Ces plans garantissent une meilleure attractivité de l’enseignement de notre langue.

Ensuite, l’ambassade et le MEN colombien souhaitent accroitre le nombre d’assistants de français dans les universités colombiennes. L’ambassade a diffusé beaucoup plus largement les offres de postes d’assistants, financés par les universités colombiennes. 20 étudiants français occupent actuellement les fonctions d’assistants : l’objectif est d’atteindre le chiffre de 30 assistants dans les universités dans les trois prochaines années.

L’ambassade apportera un soutien plus marqué aux sections francophones existantes. L’objectif est de labelliser officiellement ces sections francophones (avec des enseignants formés en France offrant un enseignement qui prépare les étudiants à partir en France) et d’apporter un suivi régulier à ces projets.
Par ailleurs, pour accroitre le dynamisme académique et l’attractivité des départements de français, l’ambassade appuiera l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) pour renforcer sa présence et sa visibilité en Colombie. Le colloque international du réseau sud-américain d’enseignants-chercheurs en langue française, qui s’est tenu à l’Université des Andes, à Bogota, en octobre 2013,a permis de relancer les activités de recherche entre universitaires sud-américains. Le réseau qui s’est constitué depuis 2012 est un élément très positif pour renouveler les échanges intellectuels entre universitaires francophones du continent. A l’occasion de ce colloque, le représentant de l’AUF a pu relancer les contacts avec l’Université nationale (déjà membre de l’agence, avec plus de 230 chercheurs francophones) et la prestigieuse Université des Andes est devenue membre officiel de l’AUF. En 2015, une mission du représentant de l’AUF en Colombie sera organisée pour intégrer une ou deux autres universités à l’agence, l’objectif de trois ou quatre universités colombiennes membres de l’AUF étant recherché.

publié le 21/08/2015

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