Les conférences de Michel WIEVIORKA

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Conférence 1 : "Ni sociologisme, ni psychologisme : penser la violence"

  • Lundi 28 avril
  • 10h
  • Auditorium Porfirio Barba Jacob du Centre Culturel Gabriel García Márquez - Calle 11 No. 5-60

« Les modes d’approche classiques de la violence apportent un éclairage insuffisant dès qu’il s’agit de comprendre des expériences concrètes, historiques. Une de leurs principales limites est de ne pas permettre de conjuguer deux exigences apparemment contradictoires : d’une part, la violence, fréquemment, s’inscrit dans des logiques sociales, politiques, culturelles, économiques, elle appelle une démarche de type sociologique. Et d’autre part, le passage à l’acte est le fait de certains individus, et pas d’autres, il semble appeler une compréhension de sa personnalité, de sa subjectivité, et appelle alors plutôt une démarche psychologisante. Pour tenir compte de ces deux dimensions du problème, deux démarches principales s’opposent, l’une s’intéresse aux interactions où surgit la violence, à l’intersubjectivité des acteurs, et l’autre à la subjectivité, aux processus de subjectivation et de désubjectivation qui sont à l’œuvre dans la violence. »

Conférence 2 : Où vont les sciences humaines et sociales ?

  • 29 avril
  • 9h30 – Toute la journée
  • Grand Forum International sur la Réforme de la Pensée
  • Académie Colombienne des Lengues (Carrera 3a No. 17 - 34)

« Parmi les changements les plus décisifs de ces disciplines, deux sont paradigmatiques, le troisième touche à la technologie, et pourrait bien être véritablement aux sources d’une révolution scientifique. D’une part, les sciences humaines et sociales sont amenées à "penser global", à en finir avec la nationalisme méthodologique, en même temps qu’elles se centrent de plus en plus sur l’individu singulier et, plus précisément, sur sa subjectivité personnelle -d’où l’image d’un grand écart, puisqu’il s’agit tout à la fois d’envisager des logiques générales, planétaires, et de s’intéresser au plus loin de ces logiques à ce qu’il y a de plus intime en chacun de nous. Et d’autre part, Internet et les nouvelles technologies de l’information modifient en profondeur les objets, les méthodes et les perspectives des sciences humaines et sociales. »

Conférence 3 : "Sortir de la violence"

  • Mercredi 30 avril
  • 9h00
  • Calle 12 No. 2-41

« Sortir de la violence, ce n’est pas simplement y mettre fin, concrètement. C’est d’abord aussi affronter les conflits du passé en évitant deux écueils. Le premier est celui de la mélancolie, de l’incapacité à parler d’autre chose que du passé et des souffrances qui l’ont caractérisé, le second est l’oubli, l’enfouissement au fond des mémoires de la violence pour ne parler que du présent et du futur. C’est prendre en compte les victimes, leur mémoire, ce qui a été détruit ou altéré en elles, individuellement et collectivement ; c’est aussi envisager leur capacité à s’inscrire ou se réinscrire dans des logiques de construction de soi et de la société. C’est se donner les moyens de penser et de faciliter l’entrée dans une ère où de nouveaux débats, de nouveaux conflits institutionnalisés peuvent se mettre en place sans se transformer en violence, et en laissant toute sa place au travail du deuil, c’est-à-dire d’une gestion du passé qui n’empêche pas de se projeter vers l’avenir. »

Programme en espagnol :
http://www.ambafrance-co.org/Confer...

Biographie de Michel WIEVIORKA :

Michel Wieviorka, docteur d’Etat ès Lettres et Sciences Humaines, directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, est depuis 2009 Administrateur de la FMSH/ Fondation de la Maison des Sciences de l’Homme. Il a été directeur du CADIS /Centre d’analyse et d’intervention sociologiques (EHESS/CNRS) entre 1993 et 2009.

En juillet 2006, il a été élu Président de l’Association internationale de sociologie AIS/ISA.
Depuis novembre 2006, il préside le comité de selection du prix Michel Seurat créé par le CNRS. Il est également membre du "Centre de coopération franco-norvégienne en sciences sociales et humaines" de la FMSH/Paris.

Il est co-directeur, avec Georges Balandier, de la revue Cahiers Internationaux de Sociologie.

Après avoir dirigé la collection "Voix et Regards" aux Editions Balland (lien vers la présentation des ouvrages publiés depuis 2000, il dirige aujourd’hui la collection "Le monde comme il va" aux Editions Robert Laffont. Il est également membre du Comité scientifique des Presses de Sciences Po’ et des comités de rédaction de plusieurs revues dont : Journal of Ethnic and Migration Studies / Ethnic and Racial Studies / French Politics, Culture and Society.

Activité scientifique :

Ses recherches ont porté ou portent sur la notion de conflit, le terrorisme et la violence, sur le racisme, l’antisémitisme, sur les mouvements sociaux, la démocratie ainsi que sur les phénomènes de différence culturelle.

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publié le 28/04/2014

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